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Kinésithérapie

Tendinopathie glutéale : évaluation et prise en charge en kinésithérapie

Par

Relu par Rafael Ugarte

Publié le

Modèle pédagogique du bassin et de la hanche présenté lors d’un échange avec un kinésithérapeute.
Illustration conceptuelle générée par IA ; elle ne représente ni des personnes ni des locaux de Qeres.

Une douleur sur le côté de la hanche peut gêner la marche, la montée des escaliers, le sommeil sur le côté ou la pratique sportive. La tendinopathie glutéale est une cause possible, mais ces symptômes ne permettent pas à eux seuls d’en établir l’origine. L’évaluation doit aussi considérer les autres structures et les facteurs qui peuvent contribuer à la gêne.

Ce guide s’adresse aux professionnels de santé. Il présente des repères pédagogiques et ne remplace pas un examen clinique ni un avis médical lorsque celui-ci est indiqué.

De quoi parle-t-on ?

La tendinopathie glutéale concerne les tendons des muscles moyen et petit fessiers, près du grand trochanter. Les termes « syndrome douloureux du grand trochanter » et « bursite trochantérienne » sont parfois employés pour décrire une douleur latérale de hanche. Ils ne désignent pas toujours la même structure ou le même mécanisme. Une atteinte tendineuse et une irritation de la bourse peuvent coexister, et une image de bourse ne prouve pas qu’elle explique la douleur.

La localisation, les activités difficiles et la réponse aux tâches apportent des indices. Une douleur qui augmente en appui sur une jambe ou en position allongée sur le côté peut orienter l’entretien, sans confirmer seule un diagnostic. La synthèse clinique sur les tendinopathies de la hanche rappelle que l’évaluation clinique s’appuie généralement sur l’histoire et des tests de provocation, et que l’imagerie n’est pas automatiquement nécessaire.

Que rechercher lors de l’évaluation ?

L’entretien précise depuis quand la douleur est présente, comment elle évolue, quelles activités la modifient et quelles conséquences elle a sur le sommeil, le travail ou les loisirs. Il est utile d’examiner les variations récentes de marche, de course, d’escaliers ou de renforcement, sans attribuer mécaniquement les symptômes à un changement de charge.

L’examen peut inclure des tâches fonctionnelles et des tests adaptés à la question clinique. Les résultats prennent leur sens lorsqu’ils sont rapprochés de l’histoire et des objectifs de la personne. La douleur latérale de hanche peut avoir d’autres explications, notamment une origine lombaire, articulaire ou neurologique. Une aggravation rapide, un traumatisme, une incapacité importante à prendre appui, de la fièvre ou un état général altéré nécessitent une évaluation appropriée.

L’imagerie peut être discutée si elle répond à une question précise ou si l’évolution est inhabituelle. Elle ne remplace pas l’examen et ne détermine pas à elle seule la conduite à tenir. Il convient de distinguer ce que montre l’image de ce qui est observé chez la personne.

Éducation, charge et exercice

La prise en charge vise les activités que la personne souhaite retrouver. Une première étape peut consister à identifier les situations qui augmentent fortement les symptômes et à envisager des ajustements temporaires, sans imposer l’arrêt de toute activité. L’objectif est d’adapter les contraintes tout en préservant autant que possible les activités quotidiennes.

Un essai randomisé portant sur 204 personnes présentant une tendinopathie glutéale persistante a comparé un programme d’éducation et d’exercice, une injection de corticoïde et une stratégie d’attente. À huit semaines, le groupe éducation-exercice rapportait une amélioration globale plus fréquente que les deux groupes comparateurs ; à 52 semaines, il obtenait une meilleure amélioration globale que l’injection et l’attente. Ces résultats concernent les participants et le programme étudiés, pas toutes les douleurs de hanche. Consulter l’essai clinique LEAP.

Un programme peut inclure un renforcement progressif et des tâches fonctionnelles choisies selon la tolérance et les objectifs. La fréquence, l’intensité et les exercices se réévaluent avec la personne. Il n’existe pas de progression unique à appliquer à tous les profils. Le suivi peut porter sur les escaliers, la marche, le sommeil, la participation ou un autre objectif convenu.

Erreurs à éviter

  • Assimiler toute douleur latérale de hanche à une bursite.
  • Déduire la cause de la douleur d’une seule image ou d’un seul test.
  • Interdire toute activité sans évaluer les capacités, les objectifs et les options d’adaptation.
  • Copier un programme d’exercice sans l’ajuster à la présentation et à la réponse de la personne.
  • Promettre un résultat identique à celui d’un essai clinique mené sur un groupe précis.

Pour replacer ce tableau dans les principes généraux, consultez notre article sur la tendinopathie. La formation sur les tendinopathies aborde l’évaluation et la prise en charge des tendons ; la fiche détaille les objectifs, les prérequis et la langue des enseignements.

Cet article est un support d’information professionnelle et ne constitue pas un avis personnalisé. L’essai cité a étudié un groupe et un programme définis ; les décisions cliniques dépendent de la situation de chaque personne.