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Kinésithérapie

Tendinopathie : définition, évaluation et principes de prise en charge

Par

Relu par Rafael Ugarte

Publié le

Illustration pédagogique d’un tendon reliant un muscle à un os, avec une charge de renforcement.
Illustration conceptuelle générée par IA ; elle ne représente ni des personnes ni des locaux de Qeres.

Une tendinopathie peut entraîner une douleur et une gêne lorsque le tendon est sollicité. Le mot décrit un tableau clinique ; il ne suffit pas à identifier une lésion précise ni à expliquer, à lui seul, ce que ressent une personne. Pour le kinésithérapeute, l’objectif est de relier les symptômes, la fonction, l’histoire de santé et les tâches que la personne souhaite retrouver.

Ce guide s’adresse aux professionnels de santé. Il fournit des repères pédagogiques et ne remplace pas une évaluation clinique ni un avis médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Que signifie le terme « tendinopathie » ?

La tendinopathie désigne généralement une douleur persistante liée au tendon et une limitation fonctionnelle associée à sa mise en charge. Le terme « tendinite » suggère une inflammation, mais les tableaux tendineux persistants ne se résument pas à une inflammation isolée. La douleur, la structure observée à l’imagerie et la capacité fonctionnelle ne varient pas toujours en parallèle.

Un tendon peut présenter des changements visibles à l’imagerie sans douleur, et une image ne permet pas de déterminer seule l’origine d’un symptôme. Ces constats doivent être interprétés avec l’histoire, l’examen et la question clinique. Les recommandations disponibles ont souvent un champ précis : les données sur le tendon d’Achille ne s’appliquent pas automatiquement à l’épaule, à la hanche ou à un tendon rompu. La recommandation clinique 2024 sur la tendinopathie du corps du tendon d’Achille illustre l’importance de préciser la région et la présentation étudiées.

Structurer l’évaluation

L’entretien explore la localisation et l’évolution de la douleur, les activités qui la modifient, les changements récents de charge, les antécédents pertinents, le sommeil et les objectifs de la personne. Une augmentation de course ou de travail répétitif peut fournir un contexte, mais ne démontre pas à elle seule la cause.

L’examen est choisi en fonction des hypothèses à vérifier. Il peut comparer des tâches fonctionnelles, la tolérance à une mise en charge et la réponse à des mouvements ou à un exercice. Les résultats doivent être décrits dans leurs conditions de réalisation. Un test isolé, une palpation ou un questionnaire ne confirme pas à lui seul une tendinopathie.

L’imagerie n’est pas systématique. Elle peut être utile lorsqu’il existe une question clinique précise, une évolution atypique ou une suspicion de rupture ou d’une autre affection. Son résultat doit être rapproché des symptômes et de la fonction ; il ne constitue pas, à lui seul, un plan de traitement.

Adapter la charge et les objectifs

La prise en charge peut associer des explications adaptées, une gestion temporaire des activités et une progression d’exercices choisie selon la situation. Le travail de force et l’exposition graduelle aux tâches importantes peuvent aider à développer la capacité fonctionnelle. La progression dépend de la région concernée, de la tolérance, des objectifs, des préférences et de l’évolution observée ; aucun protocole de répétitions ne convient à toutes les tendinopathies.

Une revue sur la prise en charge des tendinopathies souligne l’intérêt d’une charge progressive, tout en rappelant que les mécanismes et les réponses varient selon les tableaux. Lire la synthèse sur les tendances actuelles de prise en charge. Il est utile de convenir avec la personne de ce qui sera suivi : capacité à réaliser une tâche, participation à une activité, douleur lors d’un effort donné ou autre objectif pertinent.

La douleur pendant ou après l’exercice doit être interprétée dans son contexte. Elle n’indique pas automatiquement un dommage supplémentaire ; inversement, une séance sans douleur ne garantit pas que la charge est adaptée. Les consignes doivent être expliquées clairement et réévaluées si les symptômes changent, si la fonction se dégrade ou si l’objectif n’avance pas.

Éviter les raccourcis

  • Présenter chaque tendinopathie comme une inflammation qui nécessite le même traitement.
  • Supposer qu’une image identifie la source de la douleur ou prédit le résultat.
  • Recommander un repos complet ou un exercice précis sans examiner les besoins de la personne.
  • Appliquer à un tendon les recommandations d’un autre site anatomique sans vérifier leur champ.
  • Promettre un délai de guérison ou un retour au sport à partir d’un seul test.

Pour approfondir des tableaux spécifiques, consultez nos repères sur la tendinopathie d’Achille et la tendinopathie glutéale. La formation sur les tendinopathies présente un programme destiné aux kinésithérapeutes ; vérifiez sa fiche pour les objectifs, les prérequis et la langue des enseignements.

Cet article est un support d’information professionnelle, pas une recommandation individualisée. Les références citées portent sur des populations et des régions définies ; consultez les textes complets et les consignes en vigueur dans votre lieu d’exercice.